La toxicité du Front National

Le 16 mars 2017 , dans un établissement scolaire de Grasse, un « terroriste » de 16 ans a mitraillé ses camarades avec des armes prises au domicile de son père. Un islamiste radicalisé en partance pour la Syrie ?  Pas du tout, Kylian est un « bon «  petit Français sans histoire, fils d’un élu du Front National , radicalisé par les discours identitaires de son entourage et fanatisé par les images des massacres des suprémacistes blancs dans les écoles américaine. Cet attentat est bien plus grave que certains faits divers qualifiés abusivement de terroristes : le projet d’une jeune fille musulmane de 16 ans de partir en Syrie avec son nouveau  petit ami  ou l’attaque à la  machette à l’entrée du Louvre ou, dernièrement, les « conneries » d’un délinquant multirécidiviste et alcoolique à Orly . Ces faits sont cependant instrumentalisés pour stigmatiser les Musulmans et justifier l’état d’urgence. Leurs matraquages médiatiques  permettent de faire diversion pour ne pas répondre à cette question légitime. La déviance mortifère de Kylian ne trouve-t-elle pas son origine dans les discours de radicalisation, de violence, de haine du Front National ?

 

Daniel Fortis

1231 Conches                                                                                          Genève,  le 19 mars 2017

Où est notre liberté d’opinion ?

Imaginez que le parlement français vote une loi permettant de refouler à l’aéroport les étrangers, défendeurs de la cause animale, qui appellent à boycotter chez eux le foie gras français. Inimaginable et scandaleux, direz-vous ! Vous avez raison, la France et n’importe quel pays démocratique ne pourraient jamais faire ça.  Cependant, un pays, qui se dit démocratique, a pris une telle mesure. Le gouvernement israélien a interdit l’accès de son territoire aux étrangers qui appellent à boycotter chez eux les produits provenant des territoires palestiniens collonnisés. On aurait pu penser que cela suscite une réprobation générale. Détrompez-vous ! Dans l’édition TdG du 9 mars, sous le titre diffamant « Pas de subventions aux antisémites », nous apprenons que notre parlement national  a adopté une motion UDC  de supprimer les subventions aux ONG  accusées de boycotter Israël.  A méditer sur notre liberté d’opinion.

 

Daniel Fortis                                                                                                                                                           Conches                                                                                                                  Genève, le 8 mars 2017                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                              

Les marchands de lune

Elon Musk, fondateur de  Space X, va envoyer en 2018  deux personnes derrière la lune et revenir sur terre dans une capsule hermétique,  sécurisée et programmée. Cela ressemble aux homme-fusées dans les fêtes foraines d’antan . Comment un entrepreneur aussi génial , inventif, visionnaire et ambitieux peut-il se satisfaire d’ un « saut de puce » aussi dérisoire après les « incroyables » missions Apollo ? Il y a quarante-huit ans, des fusées Saturne décollaient du cap Canaveral avec trois engins autonomes ayant chacun leur système de propulsion et leur système de survie pour trois astronautes. Ceux-ci occupaient successivement le module, le LEM et la capsule au gré des mises en orbite, des manœuvres de séparation , d’arrimage, d’alunissage et d’amérrissage. Arrivés sur la lune , ils se déplaçaient avec un véhicule, ils faisaient du jogging et tapaient des balles de golf !  Comment peut-on croire que les ingénieurs de la NASA aient pu réaliser ce prodigieux exploit en 1969 avec la technologie et les ordinateurs des années 60, alors qu’aujourd’hui, ils ne sont  capables que d’un saut de puce derrière la lune ? Pour tenter d’expliquer ce mystère, il existe deux réponses : soit nous sommes en régression scientifique et technologique, soit  les missions Apollo ne sont qu’une fiction cinématographique. Le dicton populaire « Il ne faut pas croire qui promet la lune » doit nous inspirer pour donner la réponse.

 

Daniel Fortis

7, chemin des Bougeries                                                                                                 2 mars 2017

Ingérences religieuses

Mercredi 22 février, le conseil représentatif des institutions juives de France, le CRIF, a invité à son dîner traditionnel une grande partie de la classe politique française et les candidats à la présidentielle, François Fillon, Emmanuel Macron et Benoît Hamon. Leurs bonnes notes leur ont valu d’être invités  pour recevoir leur  « certificat  casher ». Les autres candidats, avec leurs mauvaises notes, n’ont pas été invités et n’ont pas reçu la bénédiction du CRIF. Ainsi, Marine Le Pen a le tort d’être la fille de son père, Jean-Luc Mélenchon a eu tort de prendre des positions pro-palestiniennes et l’écologiste, Yannick Jadot  a eu tort d’appeler à boycotter les produits provenant des territoires occupés. Quelle étrange république qui se revendique d’être la championne de la laïcité et de la séparation de la religion et de l’Etat et  dont les serviteurs se soumettent à cet examen religieux et communautaire ! A ce titre, les candidats, ne devraient-ils pas aussi solliciter  le « certificat  halal » auprès du Conseil français du culte musulman et aller à confesse auprès du Primat des Gaules ? Cette intolérable ingérence de la religion dans les débats bafoue les principes démocratiques.

 

Daniel Fortis

1231 Conches                                                                                                                       26  février 2017  

Colonisation, deux poids, deux mesures

Le candidat à l’élection présidentielle française, Emmanuel Macron, a déclaré que la colonisation française en Algérie avait été un crime contre l’humanité. Il a profondément blessé les rapatriés et ravivé la douleur de leur déracinement. Ils ne méritaient pas ces propos excessifs car ils pensaient de bonne foi que cette terre était la leur et que leur colonisation, teintée de paternaliste, était la plus acceptable de toutes les colonisations dans le monde. Aujourd’hui, notre vision de la colonisation a changé. Elle est perçue , à juste titre, comme injuste et intolérable. Alors , pourquoi la colonisation de la Palestine n’est-elle pas sanctionnée ? Avec cynisme, fourberie et arrogance, le gouvernement israélien colonise tous les jours, sous nos yeux,  la Cisjordanie  avec le soutien de l’administration américaine. L’occupation, l’annexion et la répression impitoyable de toute résistance mériteraient beaucoup plus que la France une condamnation pour crime contre l’humanité. La France a accepté la création d’un Etat algérien alors qu’Israël dénie au peuple palestinien le droit d’exister dans un état . Alors, Monsieur Macron , ayez le courage de dénoncer ce crime contre l’humanité !

 

Daniel Fortis

1231 Conches                                                                                                                  20 février 2017

La France mérite mieux

La campagne de l’élection présidentielle pollue depuis deux ans la vie politique française. Avec une presse qui entretient la chikaya avec des petites intrigues politiciennes, avec des commentateurs politiques sentencieux qui exacerbent les enjeux , avec une multitude de sondages qui égarent l’opinion publique , avec des candidats qui privilégient l’éloquence et la posture au détriment du fond, les citoyens, manipulés par une hystérie sécuritaire et identitaire, doivent pourtant choisir entre : une candidate qui erre dans la  Trump Tower pour quémander en vain une entrevue , un  candidat choisi pour sa droiture et son sens moral qui tente maladroitement de banaliser l’indécence de la rétribution de son épouse, un jeune et louvoyant candidat, transfuge de la gauche, qui surfe sur le libéralisme et l’ubérisation, un candidat de la vieille  gauche qui veut se réincarner et un candidat qui nous fait miroiter des utopies. Pour sortir de ce contexte malsain, il est urgent de s’affranchir de la constitution de la cinquième République. Cette monarchie républicaine avive toutes les ambitions et incite aux pratiques sectaires, corporatistes et partisanes qui divisent la société. Son système majoritaire marginalise la moitié de l’électorat et provoque des ralliements avec des  petits arrangements et le copinage. Quel président élu aura le courage et l’abnégation d’entreprendre la grande réforme de la constitution ?

 

Daniel Fortis

1231 Conches                                                                                                             5 février 2017  

L’agonie de la Palestine

Occupée, colonisée, annexée, opprimée, dans un territoire divisé, fragmenté, éclaté, emmuré, la Palestine se meure. Son démembrement est tel que la perspective d’un Etat indépendant est devenue utopique. Le gouvernement israélien a programmé son irrémédiable disparition en expulsant, en asphyxiant et en humiliant le peuple palestinien. Sa politique expansionniste et répressive a reçu le soutien inconditionnel de Trump et de ses milliardaires dont le gouvernement américain est noyauté par un puissant lobby pro-sioniste composé d’un gendre-conseiller, d’évangélistes créationnistes, de ministres islamophobes et de financiers inféodés à la cause israélienne. La décision de ce gouvernement d’installer l’ambassade américaine à  Jérusalem symbolise la reconnaissance de l’hégémonie israélienne et condamne la perspective  d’un Etat palestinien. Devant le fait accompli, quel choix reste-t-il aux Palestiniens confrontés à la spoliation de leurs terres et à la lente agonie de leur pays ? Une résistance désespérée ou une soumission humiliante ? La communauté internationale, fustigée par Israël pour avoir organiser une conférence de la paix, va-t-elle rester silencieuse ? Et, la communauté juive de notre pays, modérée, ouverte et respectueuse de ses valeurs, ne devrait-t-elle pas se distancer de la politique injustifiable et cynique du couple américano-israélien ?

 

Daniel Fortis

1231 Conches                                                                                                                  2 janvier 2017

HAMZA BEN LADEN: LE MANAGEMENT DE LA TERREUR

Votre journal (Le Temps du 6 janvier) nous informe que les services américains ont mis  Hamza ben Laden, le fils préféré d’Oussama sur la liste des terroristes. Agé de 25 ans, cette nouvelle icône appelle à commettre des attentats sur des sites dit-islamistes. Tel un polichinelle sortant de sa boîte, il réapparait après l’incroyable raid à Abbottabad où son père et lui ont été déclaré mort ! Sa mort ayant été démentie par la suite, qu’est-il advenu de lui ? A-t-il été arrêté, emprisonné, surveillé, fiché ou exfiltré comme sa famille, le lendemain des attentats du 11 septembre, dans les deux seuls avions autorisés à décoller du sol américain ? Mystère . Comment l’administration américaine a-t-elle laissé cet électron libre échapper à toutes les surveillances alors que quiconque exprimant le centième de ses appels au meurtre serait perquisitionné, emprisonné et fiché « S » ? Cette suspecte complaisance rentre dans le cadre du management de la terreur qui pollue et court-circuite toute réflexion. Il faut comprendre que Daesh vit ses derniers jours en Syrie et qu’il est urgent de trouver un nouvel épouvantail pour imposer aux citoyens une politique sécuritaire et de repli identitaire impliquant une inquisition de notre sphère privée, la restriction de nos libertés et l’asservissement à la pensée dominante. Les services antiterroristes pourront attribuer à leur nouvelle et maléfique créature toutes les dérives meurtrières d’une société sans repère et polluée par le virtuel, la violence et le mensonge. Indignez-vous de ces grossières manipulations pour retrouver la Raison.

 

Daniel Fortis

1231 Conches                                                                                                                 9  janvier 2017

 

ATTENTAT DE BERLIN: DIFFICILE A CROIRE.

19  décembre : un camion fonce dans la foule et provoque un carnage. Un suspect pakistanais est arrêté. 20 décembre L’attentat est revendiqué par Daesh dans un site djihadiste ( dont la plupart sont créés et instrumentés par les services occidentaux ). 21 décembre : le suspect est relâché après une incompréhensible garde-à-vue de 36 heures !  22 décembre : Après avoir dissimulé pendant trois jours la découverte d’une pièce maîtresse de l’enquête, la police allemande exhibe la carte d’identité « oubliées » par le terroriste ( scénario identique à Nice, Paris et New-York ) !  23 décembre : C’est au tour de la police italienne d’avoir la chance de « réduire au silence » le présumé terroriste lors d’un banal contrôle de routine ( la mort est privilégiée à l’arrestation dans les affaires liées au terrorisme). 24 décembre. Pour accréditer la piste terroriste, on découvre un dangereux réseau composé du cousin et de l’oncle. Comment acceptons-nous un scénario aussi incroyable  et pourquoi nos services et nos médias le relaient-ils inconditionnellement ? Premièrement, il faut que l’Ordre triomphe. Deuxièmement, il faut que les services sécurisent la population avec l’élimination du danger. Tercio, il faut désigner de façon indubitable la responsabilité des intégristes musulmans pour éviter d’envisager d’autres pistes : par exemple la piste de l’extrême-droite comme lors de l’attentat de Bologne ou de la déviance psychiatrique d’un loup solitaire. Quand cesseront ces manipulations des esprits et cette infantilisation ?

 

Daniel Fortis

1231 Conches                                                                                                           26 décembre 2016

Syrie, quel gâchis.

Après une  guerre civile qui a fait  trois cent mille morts , dévasté un pays magnifique et répandu la haine , nous assistons, six ans après, au  retour à la case de départ avec un régime syrien conforté. L’ingérence et l’intervention occidentale (sans légitimité) ne sont-elles pas responsable de ce gâchis ?

Pour n’avoir pas vu la complexité de ce pays, pour avoir voulu imposer dogmatiquement une Syrie sans Bachar-el-Assad, pour  avoir ignoré le soutien d’un grand nombre des Syriens au régime, pour n’avoir pas compris qu’il n’y aurait pas de printemps syrien, pour avoir fantasmé sur une opposition modérée qui n’a jamais existé (si ce n’est dans les salons parisiens), pour avoir armé des résistants dont on ne connaissait rien et qui se sont révélés des djihadistes et ,enfin, pour avoir bombardé les monstres qu’elle avait engendrés, la coalition occidentale est à l’origine du chaos dans toute la région, du drame humanitaire des émigrés et d’un terrorisme qui est une réplique à  ses frappes aériennes.

Cette situation inextricable engendrée par notre arrogance et notre inconséquence ne pouvait être résolue que par des solutions radicales. La Russie a bien compris que l’islamisme modéré n’existe pas et que le régime syrien est incontournable. Son intervention au côté de celui-ci est brutale. Mais comment peut-il en être autrement ? Le réalisme de la politique russe peut être dérangeant  mais il est préférable à  l’errance et l’incohérence politique de nos donneurs de leçons.

 

Daniel Fortis

1231  Conches                                                                                                              1er décembre 2016