Colonisation, deux poids, deux mesures

Le candidat à l’élection présidentielle française, Emmanuel Macron, a déclaré que la colonisation française en Algérie avait été un crime contre l’humanité. Il a profondément blessé les rapatriés et ravivé la douleur de leur déracinement. Ils ne méritaient pas ces propos excessifs car ils pensaient de bonne foi que cette terre était la leur et que leur colonisation, teintée de paternaliste, était la plus acceptable de toutes les colonisations dans le monde. Aujourd’hui, notre vision de la colonisation a changé. Elle est perçue , à juste titre, comme injuste et intolérable. Alors , pourquoi la colonisation de la Palestine n’est-elle pas sanctionnée ? Avec cynisme, fourberie et arrogance, le gouvernement israélien colonise tous les jours, sous nos yeux,  la Cisjordanie  avec le soutien de l’administration américaine. L’occupation, l’annexion et la répression impitoyable de toute résistance mériteraient beaucoup plus que la France une condamnation pour crime contre l’humanité. La France a accepté la création d’un Etat algérien alors qu’Israël dénie au peuple palestinien le droit d’exister dans un état . Alors, Monsieur Macron , ayez le courage de dénoncer ce crime contre l’humanité !

 

Daniel Fortis

1231 Conches                                                                                                                  20 février 2017

La France mérite mieux

La campagne de l’élection présidentielle pollue depuis deux ans la vie politique française. Avec une presse qui entretient la chikaya avec des petites intrigues politiciennes, avec des commentateurs politiques sentencieux qui exacerbent les enjeux , avec une multitude de sondages qui égarent l’opinion publique , avec des candidats qui privilégient l’éloquence et la posture au détriment du fond, les citoyens, manipulés par une hystérie sécuritaire et identitaire, doivent pourtant choisir entre : une candidate qui erre dans la  Trump Tower pour quémander en vain une entrevue , un  candidat choisi pour sa droiture et son sens moral qui tente maladroitement de banaliser l’indécence de la rétribution de son épouse, un jeune et louvoyant candidat, transfuge de la gauche, qui surfe sur le libéralisme et l’ubérisation, un candidat de la vieille  gauche qui veut se réincarner et un candidat qui nous fait miroiter des utopies. Pour sortir de ce contexte malsain, il est urgent de s’affranchir de la constitution de la cinquième République. Cette monarchie républicaine avive toutes les ambitions et incite aux pratiques sectaires, corporatistes et partisanes qui divisent la société. Son système majoritaire marginalise la moitié de l’électorat et provoque des ralliements avec des  petits arrangements et le copinage. Quel président élu aura le courage et l’abnégation d’entreprendre la grande réforme de la constitution ?

 

Daniel Fortis

1231 Conches                                                                                                             5 février 2017  

L’agonie de la Palestine

Occupée, colonisée, annexée, opprimée, dans un territoire divisé, fragmenté, éclaté, emmuré, la Palestine se meure. Son démembrement est tel que la perspective d’un Etat indépendant est devenue utopique. Le gouvernement israélien a programmé son irrémédiable disparition en expulsant, en asphyxiant et en humiliant le peuple palestinien. Sa politique expansionniste et répressive a reçu le soutien inconditionnel de Trump et de ses milliardaires dont le gouvernement américain est noyauté par un puissant lobby pro-sioniste composé d’un gendre-conseiller, d’évangélistes créationnistes, de ministres islamophobes et de financiers inféodés à la cause israélienne. La décision de ce gouvernement d’installer l’ambassade américaine à  Jérusalem symbolise la reconnaissance de l’hégémonie israélienne et condamne la perspective  d’un Etat palestinien. Devant le fait accompli, quel choix reste-t-il aux Palestiniens confrontés à la spoliation de leurs terres et à la lente agonie de leur pays ? Une résistance désespérée ou une soumission humiliante ? La communauté internationale, fustigée par Israël pour avoir organiser une conférence de la paix, va-t-elle rester silencieuse ? Et, la communauté juive de notre pays, modérée, ouverte et respectueuse de ses valeurs, ne devrait-t-elle pas se distancer de la politique injustifiable et cynique du couple américano-israélien ?

 

Daniel Fortis

1231 Conches                                                                                                                  2 janvier 2017

HAMZA BEN LADEN: LE MANAGEMENT DE LA TERREUR

Votre journal (Le Temps du 6 janvier) nous informe que les services américains ont mis  Hamza ben Laden, le fils préféré d’Oussama sur la liste des terroristes. Agé de 25 ans, cette nouvelle icône appelle à commettre des attentats sur des sites dit-islamistes. Tel un polichinelle sortant de sa boîte, il réapparait après l’incroyable raid à Abbottabad où son père et lui ont été déclaré mort ! Sa mort ayant été démentie par la suite, qu’est-il advenu de lui ? A-t-il été arrêté, emprisonné, surveillé, fiché ou exfiltré comme sa famille, le lendemain des attentats du 11 septembre, dans les deux seuls avions autorisés à décoller du sol américain ? Mystère . Comment l’administration américaine a-t-elle laissé cet électron libre échapper à toutes les surveillances alors que quiconque exprimant le centième de ses appels au meurtre serait perquisitionné, emprisonné et fiché « S » ? Cette suspecte complaisance rentre dans le cadre du management de la terreur qui pollue et court-circuite toute réflexion. Il faut comprendre que Daesh vit ses derniers jours en Syrie et qu’il est urgent de trouver un nouvel épouvantail pour imposer aux citoyens une politique sécuritaire et de repli identitaire impliquant une inquisition de notre sphère privée, la restriction de nos libertés et l’asservissement à la pensée dominante. Les services antiterroristes pourront attribuer à leur nouvelle et maléfique créature toutes les dérives meurtrières d’une société sans repère et polluée par le virtuel, la violence et le mensonge. Indignez-vous de ces grossières manipulations pour retrouver la Raison.

 

Daniel Fortis

1231 Conches                                                                                                                 9  janvier 2017

 

ATTENTAT DE BERLIN: DIFFICILE A CROIRE.

19  décembre : un camion fonce dans la foule et provoque un carnage. Un suspect pakistanais est arrêté. 20 décembre L’attentat est revendiqué par Daesh dans un site djihadiste ( dont la plupart sont créés et instrumentés par les services occidentaux ). 21 décembre : le suspect est relâché après une incompréhensible garde-à-vue de 36 heures !  22 décembre : Après avoir dissimulé pendant trois jours la découverte d’une pièce maîtresse de l’enquête, la police allemande exhibe la carte d’identité « oubliées » par le terroriste ( scénario identique à Nice, Paris et New-York ) !  23 décembre : C’est au tour de la police italienne d’avoir la chance de « réduire au silence » le présumé terroriste lors d’un banal contrôle de routine ( la mort est privilégiée à l’arrestation dans les affaires liées au terrorisme). 24 décembre. Pour accréditer la piste terroriste, on découvre un dangereux réseau composé du cousin et de l’oncle. Comment acceptons-nous un scénario aussi incroyable  et pourquoi nos services et nos médias le relaient-ils inconditionnellement ? Premièrement, il faut que l’Ordre triomphe. Deuxièmement, il faut que les services sécurisent la population avec l’élimination du danger. Tercio, il faut désigner de façon indubitable la responsabilité des intégristes musulmans pour éviter d’envisager d’autres pistes : par exemple la piste de l’extrême-droite comme lors de l’attentat de Bologne ou de la déviance psychiatrique d’un loup solitaire. Quand cesseront ces manipulations des esprits et cette infantilisation ?

 

Daniel Fortis

1231 Conches                                                                                                           26 décembre 2016

Syrie, quel gâchis.

Après une  guerre civile qui a fait  trois cent mille morts , dévasté un pays magnifique et répandu la haine , nous assistons, six ans après, au  retour à la case de départ avec un régime syrien conforté. L’ingérence et l’intervention occidentale (sans légitimité) ne sont-elles pas responsable de ce gâchis ?

Pour n’avoir pas vu la complexité de ce pays, pour avoir voulu imposer dogmatiquement une Syrie sans Bachar-el-Assad, pour  avoir ignoré le soutien d’un grand nombre des Syriens au régime, pour n’avoir pas compris qu’il n’y aurait pas de printemps syrien, pour avoir fantasmé sur une opposition modérée qui n’a jamais existé (si ce n’est dans les salons parisiens), pour avoir armé des résistants dont on ne connaissait rien et qui se sont révélés des djihadistes et ,enfin, pour avoir bombardé les monstres qu’elle avait engendrés, la coalition occidentale est à l’origine du chaos dans toute la région, du drame humanitaire des émigrés et d’un terrorisme qui est une réplique à  ses frappes aériennes.

Cette situation inextricable engendrée par notre arrogance et notre inconséquence ne pouvait être résolue que par des solutions radicales. La Russie a bien compris que l’islamisme modéré n’existe pas et que le régime syrien est incontournable. Son intervention au côté de celui-ci est brutale. Mais comment peut-il en être autrement ? Le réalisme de la politique russe peut être dérangeant  mais il est préférable à  l’errance et l’incohérence politique de nos donneurs de leçons.

 

Daniel Fortis

1231  Conches                                                                                                              1er décembre 2016

L’obscurantisme et le créationnisme

A la stupeur et à l’effroi suscité par l’élection de Donald Trump a succédé un fatalisme et une acceptation complaisante. Le monde de la finance a réagi positivement et a disposé ses pions autour du nouveau pouvoir. Les entreprises américaines se réjouissent des nouvelles commandes liées au  protectionnisme. Les républicains se réconcilient en oubliant les outrances de la campagne. Le premier ministre israélien Netanyahu va continuer à coloniser la Palestine en toute impunité. La presse et les médias  se repositionnent en dissertant sur les raisons de ce vote, parait-il, des pauvres, des oubliés et des désespérés. Pourtant, les vrais pauvres n’ont pas voté Trump. C’est l’Amérique primaire, narcissique, inculte et vénale qui a voté Trump. Obnubilée par la réussite matérielle, les 4×4 polluantes, les armes et la bondieuserie, elle a considéré qu’elle n’a pas suffisamment profité de la mondialisation. Elle s’enferme dans un égoïsme qui prend en otage la planète  et sombre dans un obscurantisme moyenâgeux qui défie l’intelligence. Mike Pence, le future vice-président et Ben Carson, le ministre pressenti à l’Education ne sont-ils pas créationnistes ? Les écoliers américains apprendront que Dieu a créé le monde en 7 jours, il y a 6000 ans !

 

Daniel Fortis

1231 Conches                                                                                                             21, novembre 2016

Jerusalem: patrimoine commun de l’Humanité.

Refusant d’établir un lien immuable entre le peuple juif et Jérusalem-Est, l’Unesco a respecté un principe fondamental : une Terre n’appartient pas à une religion, un peuple ou une culture. Nous en sommes seulement des dépositaires momentanés aux grés des aléas politiques, conflictuels, climatiques et sanitaires. La Palestine  fait partie  du Croissant Fertile  où une multitude de civilisations et de peuples se sont succédés et où ont abondé pendant dix mille ans  les avancées de l’Humanité. Sédentarisation, agriculture, élevage, écriture et règles sociétales. Pendant les quatre millénaires avant  les Hébreux, les Mésopotamiens, Sumériens, Hittites, Assyriens, Perses et  Egyptiens ont participé au destin de cette Terre. L’histoire de ces peuples et leurs cultures ont inspiré les auteurs de la Torah. Ce récit fondateur du peuple juif a permis de fédérer  des tribus sémites disparates qui ont occupé une terre « promise » par leur Dieu. Ces textes cependant se heurtent au scepticisme de la plupart des historiens.  Alors, comment peut-on critiquer la décision de l’Unesco de respecter la diversité et la richesse culturelle de Jérusalem et de préserver ce lieu de toutes les convoitises et appropriations?

 

Daniel Fortis

1231 Conches                                                                                                         20  octobre 2016

 

Un choix dramatique

Les Américains vont devoir choisir entre Donald Trump et Hillary Clinton. D’un côté un milliardaire  inculte, grossier, violent et grotesque  et de l’autre une marionnette des lobbys financiers et militaires  qui a soutenu la guerre en Irak! Comment le peuple américain en est-il réduit à devoir choisir entre deux personnes aussi  incompétentes et aussi dangereuses pour le destin du monde? L’émergence de cette situation cauchemardesque s’explique  par la prédominance de certaines valeurs et dogmes qui régissent la société américaine. L’argent-roi qui permet tout et, en particulier, l’accession à la présidence. L’autorisation de possession d’armes de guerre qui entretient un climat de violence. L’isolationnisme et le sentiment de la toute-puissance technologique et militaire. L’enseignement  qui privilégie la technique, l’efficacité, la productivité et le profit et qui néglige les valeurs humanistes et la connaissance du monde. Une religiosité primaire qui conforte les consciences que les Etats-Unis sont l’empire du Bien. Toutes ces » valeurs » phagocytent  les esprits et l’intelligence. Les Américains pacifiques, ouverts, sensibles, avide de connaissances et respectueux des autres cultures doivent souffrir de l’image de leur pays donnée au monde. Je pense à eux et à leur désarroi devant un choix aussi dramatique.

 

Daniel Fortis

1231  Conches                                                                                29  septembre 2016

 

Les trois petits points noirs

La télévision française a réalisé un reportage sur le porte-avions Charles de Gaulle à la gloire de l’armée française qui défend, parait-il, la France de la menace djihadiste. Elle a interviewé les « courageux » pilotes qui vont aller bombarder Mossoul et ses deux millions d’habitants. Ces fiers soldats de la République ne se préoccupent pas de la catastrophe humanitaire qu’ils vont provoquer. Persuadés que leurs bombes ne vont tuer que les Méchants, ils préfèrent fermer les yeux sur les dégâts collatéraux. Sont-ils prêts à écouter la complainte du petit Mohammed ?

«Maman et moi étions dans le jardin de notre maison à Raqqa. Tout à coup, trois petits points noirs sont apparus dans le ciel. Ils grossissaient en faisant un bruit toujours plus fort. C’étaient des avions. Sur leurs queues, il y avait trois couleurs bleu, blanc et rouge. Maman et moi avons couru vers notre maison. Il y a eu une explosion. Un nuage de poussière m’empêchait de voir. J’ai crié et appelé ma  maman. Quand le nuage de poussière est parti, j’ai vu ma maman. Elle ne bougeait plus et du sang était tout autour d’elle. J’ai crié parce que le feu avançait. Elle ne m’a pas répondu. J’ai eu tellement mal que mes yeux n’ont plus rien vu. Maintenant, je suis  dans le ciel et il n’y a plus de petits points noirs qui font beaucoup de bruit »

 

Daniel Fortis

1231 Conches                                                                                                                  2 octobre 2016